Vendredi , 20 octobre 2017
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Interview avec Serindë Corsets

Derrière Serindë Corsets se cache une créatrice lyonnaise dont les nombreuses influences se retrouvent dans ses tenues : vintage, victorien, burlesque, rock ‘n roll, gothique… Elle évolue entre mode classique et tendances alternatives. Nous sommes très heureux de vous faire découvrir cette corsetière talentueuse et prometteuse !

Serindë Corsets


Comment es-tu venue à t’intéresser au corset ? Comment as-tu appris à les fabriquer ?
Je suis venue aux corsets par le biais de la musique : en bonne amatrice de métal symphonique, j’ai fini par vouloir moi aussi m’habiller en princesse gothique victorienne, comme les chanteuses des groupes que j’écoutais. Mais je n’arrivais jamais à trouver le corset qui me plaisait : c’était toujours trop gothique, ou trop lingerie. Après un temps passé à faire des recherches, je me suis procurée un patron commercial, les instructions, j’ai emprunté une machine à coudre, et c’était parti ! Et comme le résultat était tout à fait correct, je me suis totalement plongée dans cette nouvelle passion, j’ai appris à dessiner mes propres patrons, à comprendre comment un corset modèle un corps. Il me reste néanmoins encore énormément de choses à apprendre !

Qu’est-ce qui t’inspire ?
C’est bien simple : tout. Un tissu peut me donner une idée de corset, un objet (un serre-taille/jupe vichy est né de l’achat d’une paire de faux-cils ornés d’un nœud en vichy), les films historiques, une visite dans un musée avec des costumes et corsets d’époque, également. Tout peut être prétexte à se transformer en création, même si le projet peut rester en sommeil plusieurs mois avant de voir le jour.

Suis-tu les tendances de la mode fétiche / alternative ou pas du tout ?
Oui, en créant des corsets, je suis devenue curieuse de mode, et sans être constamment à l’affût, je garde quand même un œil sur ce qui se fait, à la fois chez mes collègues corsetières, et également chez les créateurs latex, où on trouve beaucoup d’inventivité, par exemple j’aime beaucoup HMS, et j’ai récemment découvert au BDS les créations de Vital Vein, pour lesquelles j’ai eu un vrai coup de cœur. Je regarde aussi les marques plus « grand public », comme The Blonds, ou bien évidemment JP Gaultier. Il m’est même arrivé de passer un moment à chercher sur internet d’où venait un corset porté par telle actrice dans une série tv.

Corset vintage, burlesque, pinup, rock n roll, corset de mariage… ton style est varié. Comment le définirais-tu ?
Justement, j’ai du mal à le définir, car j’essaie d’aborder différents styles. Et mes créations se font souvent en fonction du tissu que j’attrape dans mon stock, et de ce qu’il m’inspire. L’élément constant est la recherche d’un équilibre dans le design, l’envie d’un corset féminin, original, mais pas « over designed », comme on dit, pas trop chargé, j’aime trouver la juste quantité de dentelle à utiliser, au bon endroit. Je ne suis pas pour la fanfreluche, exception faite cependant des tenues de scène, qui, elles, peuvent être un vrai défouloir pour une créatrice.

Quels types de corsets rêves-tu de fabriquer et que tu n’as pas encore eu l’opportunité de réaliser ?
J’ai pas mal d’idées sous le coude, dans des styles très différents, des choses notées et griffonnées dans un coin dont je n’ai pas encore eu le temps de m’occuper. J’ai très envie de prendre un peu de temps pour expérimenter, travailler sur certains patrons anciens, sur d’autres techniques, comme le cordé, qui diffère du baleinage classique, ou avec d’autres matières. J’ai envie de sortir de ma « zone de confort », comme on dit.
Il faudrait également que je prenne le temps de me faire 1 ou 2 corsets pour moi-même, histoire d’être crédible quand j’assiste à une soirée !

Quel est le corset dont tu es la plus fière ?
Il y en a 2, je pense : le tout premier, car je n’imaginais pas que j’arriverais à créer un corset portable dès mon premier essai.
Ensuite, je crois que c’est le beige et noir que j’ai fait pour une séance photo avec Tina von Nekro : techniquement, il n’est pas si compliqué, mais je le trouve très beau, alors qu’au départ, j’avais peur de créer quelque chose de trop « tape à l’œil ».

Avec qui as-tu déjà collaboré et avec quels autres artistes aimerais-tu travailler ?
J’ai la chance d’avoir déjà fait de nombreuses collaborations photos, avec chaque fois des personnes adorables. Comme pour tout, la première reste marquante, et c’était avec Comtesse Léa, avec qui j’ai retravaillé l’an dernier.
J’ai beaucoup aimé travailler avec Tina von Nekro, aussi, le résultat est toujours très beau. Ah ! C’est difficile de ne pas toutes les citer ! Parmi les collaborations récentes, il y a eu Sirithil, Naïssa Bé, Marie Coutance, aussi, avec qui on a fait des choses bien sympathiques.
En photographes, j’ai travaillé avec Delphine Ayache, Nath Sakura, et surtout Aurélie R., avec qui j’ai fait plusieurs séances, on est très complémentaires, et ça fonctionne bien.
Parmi les souhaits, il y a plein de gens avec qui j’aimerais retravailler, mais j’ai quelques « rêves », comme travailler avec la modèle/photographe/MUA Morgana, que j’adore, la belle Kay Morgan, Dena Massque (et Bommi en photographe, bien sûr !), la suédoise Tea Time, aussi, et Sharon den Adel, de Within Temptation (c’est mon côté groupie). J’aimerais aussi travailler pour une performeuse burlesque (Dita, si tu lis ce magazine, appelle-moi), car le costume de scène, c’est vraiment un exercice de style à part.
En fait, il y en a plein, c’est difficile de ne pas faire une liste de 150 noms.
Serindë Corsets Y’a t-il des corsetiers dont tu admires le travail, et si oui lesquels et pourquoi ?
Il y en a plusieurs, bien sûr, dans des styles très différents. J’aime beaucoup ce que fait Sparklewren, sa maîtrise des formes et de l’embellissement est une réelle source d’inspiration.
Atelier Sylphe, aussi, pour ses idées de design toujours surprenantes, et sa recherche de matières : elle ne se freine jamais, essaie tout, du cuir au plastique, avec des résultats qui me laissent bouche bée.
Enfin, Electra Designs, pour la qualité de ses patrons, et sa capacité à aller du corset le + épuré, au + sophistiqué.
Je pourrais citer aussi V Couture, Black Royal Corsetry,… Il y en a tellement !
Mais je crois que notre maître à toutes reste Mr Pearl.

Quels conseils peux-tu donner pour bien choisir son corset, le style, la forme?
Pour bien choisir votre corset, vous devez d’abord connaître votre tour de taille : c’est lui qui va déterminer la taille du corset à prendre (normalement, 10 à 15cm de moins que votre tour de taille naturel).
C’est pourquoi les corsets doivent être en tailles 20, 22, 24,… (en pouces) ou 51, 56, 61,… (en cm). S’ils sont en tailles S, M, L,… fuyez !
Choisissez un corset avec des baleines en métal, pour un meilleur support.
Le style du corset reste un choix personnel : décolleté + ou – plongeant ou droit, ligne des hanches en V, ou plus marquée,… Il faut essayer, être sûre qu’il n’est pas trop long et permet de s’asseoir (rien de pire qu’un corset qui scie les cuisses une fois qu’on est assise), et tester aussi le maintien de la poitrine, qu’elle soit ni trop écrasée, ni trop flottante.
Aussi paradoxal que ça puisse paraître, un bon corset est celui dans lequel vous serez confortable.
Serindë Corsets Selon toi, le corset redevient-il tendance ? et pourquoi ?
Le mot « corset » suscite encore beaucoup de réactions hostiles, car l’image de l’objet de torture est encore très présente dans les esprits.
Même si certains grands créateurs comme Lacroix ou Gaultier l’ont remis sur les podiums, ou si on le voit parfois sur les tapis rouges, il a encore du mal à sortir du milieu alternatif dans lequel il est confiné. Il pâtit encore de cette mauvaise réputation qu’il traîne depuis si longtemps.
Alors oui, le corset est définitivement tendance dans les milieux alternatifs, gothiques, etc… Mais il n’est pas encore suffisamment « réhabilité » pour conquérir la mode mainstream.

Aujourd’hui, au XXIème siècle, penses-tu que les femmes portent le corset différemment ?
Oui, c’est sûr. Déjà, le corset était autrefois utilisé comme sous-vêtement. Il était l’équivalent de nos soutiens-gorges actuels. Aujourd’hui, il est porté à l’extérieur, il devient visible, exposé, ce qui a beaucoup fait évoluer son design, d’ailleurs. Avant, les corsets étaient souvent blancs, parfois ornés de dentelle, maintenant, les tissus sont voyants, le corset se fait remarquer. On le porte lors de certaines occasions, soirées, mariages, etc, alors qu’il était avant un vêtement du quotidien.
Il reste néanmoins un vêtement « caché » pour les adeptes du waist-training, ces personnes qui portent sous leurs vêtement un corset 23h/24.

Tu aimes ? Tu détestes ? Tes projets ?
J’aime : le violet. Trop. Il faut que j’arrête de faire des choses violettes. J’aime le café, aussi. Trop.
Je déteste : les corsets « chinois », bien sûr !
Mes projets : je travaille, grande première, sur la robe de mariée d’une amie. Gros défi que cela !!! J’aimerais faire quelques tenues complètes l’année prochaine, des « robes de princesses », comme je les appelle. J’aime bien ça, même si elles envahissent mes placards ensuite.

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